Première fois, chapitre 9 : Interlude

A peine Agathe a-t-elle ouvert la porte que je me jette dans ses bras, puis l’entraîne jusque dans son salon. Je ressens le besoin, dans l’immédiat, d’échapper à l’attraction  de Jordan,  qui, abandonné sur le palier est heureusement accueilli par Alain, qui le fait entrer à son tour.

Afin de couper court, à toute gêne éventuelle, Jordan leur propose d’entrée de jeu d’oublier le DJ célèbre, pour ne voir que le garçon qui provoque les évanouissements de leur amie, ce qui a pour effet de les faire rire, et de détendre l’atmosphère d’un coup.

Nous nous installons tous les quatre confortablement, Jordan à côté de moi, pour que nous n’ayons qu’Agathe et Alain dans notre champ de vision.  Avant que nous commencions à leur raconter notre rencontre sur le pont des Arts et ce qui m’avait poussée à choisir ce lieu de rendez-vous, ainsi que mon tout récent voyage dans la 4ème dimension, nous prenons le temps de nous réconforter avec un verre, bien mérité.

Agathe, qui contrairement à moi, aime beaucoup ce que fait Jordan, ne peut s’empêcher de le questionner sur le prochain concert de Reykjavik…

— C’est dans très peu de temps ! Cali n’était pas certaine de pouvoir vous contacter avant que vous ne vous envoliez pour l’Islande !

— Hum ! Je propose qu’on se tutoie tous, si ça ne pose pas de problème ? dit-il avant de répondre directement à Agathe…

— Aucun problème, répond Agathe, ravie…

— C’est cool, merci ! Au sujet du concert, je ne pars que trois jours avant. C’est un spectacle bien rôdé maintenant, donc je n’ai pas besoin d’y être longtemps à l’avance. Installer le matériel, et faire les balances son et éclairages, ne demandent pas si longtemps quand on est bien entouré, et c’est le cas pour moi. Est-ce que vous êtes libres à cette date ? Cela me ferait plaisir de vous y inviter, pour me faire pardonner de taper l’incruste ce soir, au dernier moment ?

— J’aurais tellement aimé ! S’exclame Agathe, à deux doigt d’applaudir des deux mains, mais je travaille ce soir là, et je ne peux pas me permettre de m’absenter…

— Et puis le voyage n’est pas donné, j’ajoute en jetant un regard appuyé à Alain, qui je le sais, a les moyens de l’offrir à Agathe…

Il comprend de suite le message. Il prend la main d’Agathe et lui dit qu’un week-end en amoureux avec concert de TekDan, vaut bien de trouver une bonne excuse pour ne pas être au Moulin ce soir là…

— Au Moulin… ? hasarde Jordan à l’attention d’Agathe

— Le Moulin Rouge ! Je suis danseuse dans la revue. C’est d’ailleurs la danse qui nous a réunies Cali et moi, elle ne t’a pas dit ?

— Eh bien, non, pas encore !

— En fait, on se connait à peine, dis-je… Si nous n’étions pas sans cesse interrompus par ces images du passé… j’ajoute, un brin agacée, ce qui fait rire Jordan…

— Bon alors, c’est réglé, enchaîne-t-il ? Vous viendrez ?

Agathe et Alain se regardent, les yeux pétillants, regardent Jordan (quelle chance…) et acceptent l’invitation.

— Et moi, je demande. Je ne suis pas invitée ?

— En ce qui me concerne, dit Jordan, en détachant bien ses mots, c’était évident.

Je me sens rougir jusqu’à la racine des cheveux… L’attraction se fait de nouveau sentir entre lui et moi…

Ma merveilleuse Agathe me sauve la mise…

— Bon, je crois qu’on règlera les détails concernant Reykjavik plus tard, et que maintenant, toi et Jordan avez besoin de rester seuls. Donc, Alain et moi allons faire ce que nous avions prévu dans ce sens, sortir !

— Merci Agathe, dit Jordan, reconnaissant autant que moi. C’est un plaisir d’avoir fait votre connaissance à tous les deux, ajoute-t-il, tandis que nos amoureux se lèvent pour prendre congé.

Je les accompagne jusqu’à la porte, et avant de fermer et revenir auprès de Jordan, je promets à Agathe de l’appeler dès que tout ça sera fini.

Le front un instant en appui sur la porte, je prends une grande inspiration avant de me retourner vers – mon destin –  Jordan qui m’attend.

Je me rassois à côté de lui, et regarde mes genoux… Il avance sa main pour prendre la mienne. Je frémis… Mais il ne se passe rien. Je soupire de soulagement, et encore une fois, ça déclenche le rire de Jordan, un rire un peu nerveux quand même… Puis je sens qu’il pose sa main sur mon épaule droite, de façon à me faire pivoter. Nos corps se font face… Il prend alors mon autre main avec celle qui lui reste de libre et me dit calmement :

— Je vais compter, jusqu’à trois et on se regarde, ok ?

— Un, deux et on se regarde, ou un, deux trois, et on se regarde ?

— Trois, et on se regarde…

J’ai le cœur qui cogne de manière assourdissante dans ma poitrine, et pas une parcelle de ma peau n’est épargnée par la chair de poule que les frissons qui me parcourent provoquent…

— Ok…

— Prête ?

— Je ne sais pas… Non… J’ai peur de revivre l’épisode de la neige…

— Moi aussi, mais…

— Quand faut y aller, faut y aller !

— Oui ! dit-il, fermement.

— Allez compte, je réponds dans un souffle, la gorge serrée par l’émotion…

A son tour, il inspire profondément avant de se lancer…

— Un, deux, trois…

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