Parfois lecture et vie réelle se rejoignent…

Aujourd’hui j’étais en avance pour récupérer mon grand à son atelier de formation et j’ai donc décidé d’aller me mettre à l’ombre dans le tout petit parc pour les enfants, situé juste à côté… Il faut dire que cuire dans la voiture sur le parking, pendant 20 mn, n’était vraiment pas réjouissant ! Donc j’ai repéré un banc et je me suis dis, chouette je vais m’asseoir là, tranquillou et scroller sur facebook pendant que je l’attends…

Un banc pour s’asseoir… Prendre le temps de lire, ou de ne rien faire… Parfois se reposer… Dans les parcs et jardins de nos villes, on en trouve encore quelques-uns, mais dans la ville même ils ont quasiment disparu. Et ceux qui restent, ressemblent à celui de la photo. Ils arborent tous des séparateurs, de différentes factures, mais à l’identique utilité : ne permettre à personne de s’y allonger…

Personne… Cet individu que vous devenez quand la société vous a tout pris, et que vous vous retrouvez à la rue, comme ça arrive de plus en plus souvent. La société vous a tout pris, et elle va continuer à le faire, y compris vous prendre le droit de vous allonger, sur un banc, quand après une longue journée, vous souhaitez simplement reposer ce corps fourbu qui vous a porté, vous et tous vos soucis. Sans compter que SDF ne signifie pas forcément inactif. Certains sont même salariés ! Et pour autant, ne peuvent se loger…

Elle vous a tout pris la société, elle le sait, et maintenant elle aimerait bien vous faire totalement disparaître du paysage, afin que son échec ne lui saute pas au visage à chaque coin de rue, ou de parc… C’est pour ça qu’elle a dépensé des fortunes en mobilier urbain anti SDF….

« Recyclés » parle d’un futur proche auquel notre réalité commence à ressembler… Et là où j’en suis de ma lecture, il était justement question du mobilier urbain, soigneusement choisi pour faire fuir les SDF des lieux publics…

Comme toujours son écriture percutante est au service d’une histoire déchirante, parfois horrifiante, mais où l’amour qui lie les protagonistes entre eux, comme fil conducteur systématique de tous ses romans (du moins tous ceux que j’ai lus) est tellement puissant, tellement fort, qu’il parvient à garder le lecteur en l’équilibre entre l’effroi et le soulagement, et le pousse ainsi à tourner page après page en priant pour que les personnages si attachants, si bien décrits, ces personnages qui deviennent nos amis pour quelques jours, ou semaines, s’en sortent bien !

Recyclés raconte une histoire qui vient après ces mobiliers urbains abominables, une histoire où la société neo libérale a gagné et fait fuir tous ses SDF ou presque… Ils sont partis vivre à la décharge monde, qui me rappelle le continent plastique qui, lui, existe bel et bien…

Je n’ai pas fini de lire « Recyclés », mais ce banc dans le parc, ce matin, m’a donné envie de vous en parler…

Car chaque fois que je lis un livre de Cetro, (« La grande puanteur » mis à part) j’ai l’impression de voir notre futur, pas si lointain, à tous !

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